• LN

Ecrire c’est…

Dernière mise à jour : 1 mars 2021

Coulées d'encre. Crissement d'une pointe de mine. Et les mots surgissent.


Depuis longtemps, j'ai troqué mes cahiers d'écolière qui abritaient mes monologues intimes pour des carnets, que je choisis petits, qui tiennent dans la poche, et dont la couverture m'inspire confiance. Je me vois déjà écrit-vaine.


Je vais vous étonner peut être mais c'est aveuglée par la nuit, noire comme de l'encre de chine, que parfois j'écris.



Ecriture dans la nuit noire, car les pensées inconscientes redoutent la lumière et à la moindre lueur s'évanouiraient instantanément.



Ainsi, mes yeux s'ouvrent d'un seul cillement, prêts à en finir avec les ténèbres. Un retour abrupt dans le monde réel. Les diodes affichent 4h42. J'augmente la luminosité. Toujours 4h42 ! Une phrase puis deux se bousculent sur les parois poreuses de ma conscience. A peine nés, ces fragments de pensée s'évaporent, fondent, meurent. A tâtons j'attrape mon livre de chevet, provoquant sa chute. Chut! Je le ramasse et précipitamment, j'écris sur la page de garde ce qui advient. Je m'accroche aux mots, aux éclats de phrases. Je les répète une fois, deux fois jusqu'à enfin les capturer sur le papier. Ecriture dans la nuit noire, car les pensées inconscientes redoutent la lumière et à la moindre lueur s'évanouiraient instantanément.


Durant ces fractions de secondes, la respiration retenue, j'ondule autour de ces étincelles de langage venues de "l'inquiétante étrangeté", l'ailleurs de moi-même. Puis, apaisée je somnole. En attendant l'aube, je m'interroge. Que faire de ces phrases inachevées, décousues ? Je tente de développer, trouver un sens, une structure.

La matière est trop fraîche. Laisser reposer. C'est au matin, quand la lumière du jour et du temps inonde mes sens que je rassemble ces pépites pour les assembler dans l'humeur de ma poésie.


J'ai pris l'habitude de ces drôles de nuits, réveillée en sursaut par mon imaginaire. Je les attends. Je me délecte de ces instants suspendus. J'ai agencé mon environnement nocturne. Pour ne pas être prise au dépourvu, j'ai déposé, à portée de main, un paquet de feuillets jaunes au format A5, un crayon, un stylo.


J'ai tissé ces fils d'Ariane, j'en ai fait de la prose, de la poésie, de la fiction.


Et puis un jour, plus rien. Mes réveils en pleine nuit se sont espacés. Quand mes paupières s'ouvrent inopinément avant le réveil programmé, je n'ai ni mots, ni phrases, parfois quelques images, débris de rêves qui sitôt advenus s'évanouissent. Le vide.

Je me suis sentie dépossédée de cette magie des mots qui s'imposaient à moi, fidèlement. J'ai repris mes carnets. Dans le métro, sur un banc, dans un café, dans l'attente j'ouvre l'un deux, je saisis un crayon. Je n'ai aucune idée préétablie, alors, je pose la pointe de l'outil sur le papier et ça vient en écrivant...


LN


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